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08/02/2013

Les “60 ratés” de François Hollande

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Umphollande

 

 

Le 26 janvier 2012, le candidat socialiste François Hollande présentait en grande pompe ses 60 engagements pour l’élection présidentielle. Un an plus tard, l’UMP affiche sa riposte. Dans le cadre de son magazine interne “L’Union”,
le parti conservateur énumère les “60 ratés” du président de la
République. Un bilan au vitriol censé dénoncer huit mois de “couacs” et
de “renoncements” au sommet de l’Etat.

Evidemment ce n’est pas glorieux et pas toujours très objectif. Mais
certains reproches sont parfaitement avérés et ont été abondamment
commentés par les médias, à commencer par Le HuffPost. De son voyage en jet privé le soir de son élection au Tweetgate de Valérie Trierweiler,
de l’enterrement de certaines promesses de campagne (gel du prix du
pétrole récépissé d’identité…) jusqu’aux couacs ministériels à
répétition, sans oublier les revirements stratégiques et l’aggravation
de la crise, François Hollande n’a pas connu un début de quinquennat de
tout repos.

Mais d’autres critiques émises par l’UMP ne résistent pas à un examen
attentif et relèvent parfois de la propagande hasardeuse, voir de la
manipulation éhontée des faits.

Cure détox.

L’UMP REPROCHE A HOLLANDE… D’APPLIQUER SON PROGRAMME

Suppression de la TVA Sarkozy, fin des heures supplémentaires
défiscalisées, rétablissement des droits de succession, décret
établissant la retraite à 60 ans (pour certains), gratuité de l’aide
médicale d’Etat pour les sans-papiers… L’UMP n’a visiblement pas
digéré le démantèlement quasi-systématique des mesures votées sous
Nicolas Sarkozy. On peut le comprendre.

Difficile néanmoins de parler de “ratés”, “reniements” ou “couacs”
quand les réformes en question étaient inscrites noir sur blanc dans le programme du président socialiste. Programme sur lequel François Hollande puis la majorité de gauche à l’Assemblée nationale ont été élus en mai et juin 2012.

Signe que ces mesures étaient annoncées et donc légitimes (sans se
prononcer sur leur efficacité), François Hollande avait, pendant sa
campagne, fixé un calendrier précis des 100 premiers jours de sa
présidence. Or le calendrier annoncé a été, sur ces questions là, tenu
dans ses grandes largeurs.

RETRAIT D’AFGHANISTAN: “LA FRANCE PERD SA CRÉDIBILITÉ INTERNATIONALE”

Non seulement le retrait anticipé des troupes françaises
d’Afghanistan figurait parmi les promesses de campagne de François
Hollande, mais elle fut remplie sans coup férir ni perte d’influence réelle.
Et pour cause: dès le début de son mandat, le président de la
République s’est entretenu avec son homologue américain Barack Obama et
le compromis s’est rapidement imposé: retrait des troupes combattantes
avant la fin de l’année, mais maintien de troupes opérationnelles pour
former l’armée afghane et acheminer le matériel lourd.

Pas de perte de crédibilité donc. L’argument de l’UMP tombe d’autant plus mal que l’intervention militaire au Mali
a très largement redoré l’image de François Hollande auprès des
Français mais aussi de la communauté internationale. Pour la première
fois depuis le début du quinquennat, le président de la République a vu
sa cote de popularité remonter dans plusieurs sondages d’opinion. Et la
rapidité de l’opération Serval a été saluée par la plupart des alliés de
la France, même si les renforts se font attendre.

“LA FRANCE PERD SON TRIPLE A”, OUI MAIS…

“Le 19 novembre 2012, la France perd son Triple A”, accuse l’UMP en pointant la dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s.
La référence factuelle est incontestable, mais la critique est
particulièrement culottée. Pour rappel, c’est sous la responsabilité de
Nicolas Sarkozy que la note française fut dégradée pour la première fois
en janvier 2012 par l’agence Standard & Poor’s.

Qui plus est, le “séisme” tant redouté par la droite n’a pas eu lieu.
Alors que le gouvernement de François Fillon craignait de voir exploser
les taux d’intérêts, en 2012, la France a pu financer sa dette à des
taux négatifs pour la première fois de son histoire. Un scénario que ni
l’élection de François Hollande ni la perte du triple A de Moody’s n’a modifié.

 

“PLUS D’UN MILLION DE PERSONNES ONT DÉFILÉ”…

L’argument commence à dater, mais il reste systématiquement repris
par l’UMP. Le premier parti d’opposition reste convaincu que “plus d’un
million de personne ont défilé dans la rue pour demander un référendum”
sur le mariage gay. Manifestation à laquelle s’est joint le parti de
Jean-François Copé.

Problème: selon les chiffres définitifs de la Préfecture de Paris,
seules 320 à 340.000 personnes ont été recensées le 13 janvier à Paris
lors de la Manif pour tous, soit trois fois moins que les chiffres mis
en avant par les organisateurs et l’UMP.

Au-delà de la querelle des chiffres, l’UMP, qui a toujours clamé que
la rue ne devait pas dicter la politique du pays, affiche en
l’occurrence un double discours difficilement contestable. “François
Hollande oppose une fin de recevoir: il n’y aura ni débat ni référendum
sur ce sujet”, insiste néanmoins l’UMP et ce alors que les députés du
parti conservateur et ceux de la majorité socialiste débattent parfois
jour et nuit depuis plus d’une semaine sur le projet de loi.

En matière de de fin de non recevoir, l’expression est également
malheureuse, puisque François Hollande a reçu à l’Elysée les
organisateurs de la manifestation. Quant au référendum, la critique est
difficilement recevable: la Constitution ne prévoit pas de référendum sur les questions de société.

L’UMP S’EN PREND AU PASSÉ JUDICIAIRE DE AYRAULT

Dès l’annonce de la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon, l’opposition pensait avoir trouvé son premier angle d’attaque: le Premier ministre a été condamné en 1997
à de la prison avec sursis pour délit de favoritisme alors que François
Hollande avait promis de ne jamais s’entourer de personnalités ayant
été condamnées.

Six mois plus tard, l’argument ressort des tiroirs… mais méconnaît
au passage un principe de droit peu connu. Jean-Marc Ayrault a
bénéficié d’une “réhabilitation”, procédure prévue par le code pénal
pour toute personne condamnée qui, dans des délais variant selon les
infractions, n’a subi aucune nouvelle condamnation.

Sa condamnation n’existe donc plus légalement et le fait de l’évoquer
publiquement pourrait même constituer un délit attaquable devant la
justice.

LA FIN DU SERVICE MINIMUM? UNE RUMEUR

Autre “raté” monté en épingle par l’UMP: le gouvernement envisagerait
de mettre fin au service minimum dans les transports. Une des seules
lois votées sous Nicolas Sarkozy sur laquelle François Hollande s’était
engagé à ne pas revenir.

En fait de “raté”, il s’agissait en réalité d’une rumeur, portée par le Front de Gauche selon le PS et relayée par Le Parisien. Celle-ci a été immédiatement démentie par le gouvernement et on n’en a plus parlé depuis. Sauf dans les magazines de l’UMP.

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