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Pas le temps de gamberger. Pour Laure Manaudou, la retraite se veut
hyperactive. Fraîchement retirée des bassins, la voilà déjà de retour
sur le devant de la scène, plus présente que jamais dans le petit écran.
Une trajectoire étonnante, sur laquelle peu auraient parié à l’aune de
son passé tumultueux avec les médias français. Jurée de Splash !, diffusé vendredi soir sur TF1,
guest star de Top Chef sur M6, la triple championne olympique foule
volontiers le tapis rouge que lui ont déroulé les chaînes de télévision
sitôt sa fin de carrière sportive annoncée.
Un timing pressé qui ne répond pourtant à aucune mise en scène
d’après son agent, Jean-François Salessy. “Ce n’était pas calculé. Il se
trouve qu’avec sa retraite elle a plus de temps pour elle et elle en
profite pour multiplier les expériences dans tous les domaines. Mais il
n’y a pas de volonté d’aller vite”, explique celui qui la conseille au
sein de l’agence Pimiento, depuis que l’ancienne protégée de Philippe Lucas a coupé les ponts avec Didier Poulmaire.
Si l’enfant chérie des bassins a définitivement raccroché le maillot de bain au vestiaire, elle compte bien mettre à profit la forte popularité
dont elle continue de jouir auprès des Français. “Elle a reçu beaucoup
de propositions mais elle ne va pas faire n’importe quoi”, tempère
toutefois Jean-François Salessy. Le HuffPost a essayé de deviner à quoi pourrait ressembler la nouvelle vie de Laure Manaudou.
Un avenir à la télévision ?
Contre toute attente, Laure Manaudou a donc profité de sa retraite
sportive pour effectuer ses premiers pas à la télévision. Un choix qui
en a étonné plus d’un à la lumière de ses démêlés passés avec la presse
française. À commencer par l’expert en marketing sportif, Gilles Dumas.
“Je n’aurais pas commencé par ça”, assure-t-il. “Ça ne la tire pas vers
le haut car je ne pense pas qu’elle ait autant besoin de l’émission que
cette dernière a besoin d’elle”, commente-t-il. “Là, Splah!, ça l’amuse
Laure”, la défend Jean-François Salessy. “La lumière n’est pas sur elle,
pas que sur elle en tout cas et on ne s’éloigne pas trop de l’eau donc
c’est plus facile pour elle”, ajoute-t-il.
Une transition en douceur entre le monde des bassins et celui de la télévision pour celle qui a confirmé son envie de pousser l’aventure audiovisuelle un peu plus loin
dans de nombreuses interviews à la fin du mois de janvier. Et ça tombe
bien, ce ne sont pas les propositions qui manquent. “Elle a reçu des
offres de chaînes publiques et de la TNT pour parler de sport et des
femmes en même temps”, indique son agent. “L’idée serait de déplacer les
projecteurs braqués sur Laure vers des femmes qui ont, ou ont eu, un
rôle important dans le sport”, ajoute-t-il, confirmant les propos de sa
protégée qui déclarait sur le site internet de Métro qu’elle se voyait “plutôt dans l’animation d’émissions” après son accouchement.
“Un diamant” à protéger
Un choix étonnant vu la timidité naturelle de l’ex-nageuse. D’autant
que lors de la première de Splash ! et de son apparition dans Top Chef,
la championne olympique ne s’est pas montrée particulièrement loquace
devant les caméras. “C’est sûr qu’elle n’est pas extravertie comme peut
l’être son frère, Florent. On ne la retrouvera pas à faire la
boute-en-train”, concède Jean-François Salessy. “Elle ne sera pas
forcément dans le direct”, indique-t-il. “De toute façon, nous
tournerons des pilotes, et si la chaîne et Laure ne s’y retrouvent pas
toutes les deux, nous ne ferons rien”, explique-t-il.
De la même manière, Laure Manaudou a reçu de nombreuses propositions
l’invitant à partager son expérience lors de séminaires, des offres
jugées intéressantes par la championne et son entourage, mais elle
estime avoir encore besoin d’un peu de temps pour y répondre. “Les
séminaires l’interessent mais elle n’est pas encore prête. Elle est en
phase de formation avec une media traineuse. Encore une fois, elle n’est
pas pressée, il n’y a pas de timing donc on ne s’affole pas”, explique
son agent. “Elle n’a pas un talent naturel pour les médias donc elle
devra énormément travailler. Attention aux désillusions si elle prend ça
à la légère”, averti Gilles Dumas.
L’ancienne star des bassins a également reçu des offres émanant du
7e art. “J’étais très étonné”, avoue Jean-François Salessy. “Mais
apparemment de grands réalisateurs pensent le contraire. L’un d’eux m’a
dit qu’elle dégageait une telle sensibilité et une telle force qu’il y
avait quelque chose d’intéressant à en tirer derrière la caméra.
Maintenant c’est sûr que c’est un métier, Laure n’est pas une
comédienne”, tempère-t-il. “C’est un diamant brut, il faut la protéger”,
tranche Gilles Dumas : “Si c’est pour faire Les Bronzés IV, ce n’est pas la peine”, affirme le cofondateur de Sport Lab.
Une personnalité toujours aussi attractive
La plus illustre des nageuses françaises bénéficie toujours d’une
bonne cote auprès des marques. Si l’âge d’or de 2008 à l’époque où
Didier Poulmaire s’occupait de ses intérêts semble définitivement
révolu, “parce que le contexte est différent, crise économique oblige”,
assure à cet égard Jean-François Salessy, son retour au premier plan
lors des Jeux Olympiques de Londres lui a permis de renouer le contact avec les sponsors.
Si bien qu’aujourd’hui, Laure Manaudou est toujours sous contrat avec Artémis, Aubert, Reebok et Topsec. “Laure va s’impliquer davantage dans Topsec
(leader français des distributeurs automatiques d’articles de natation,
NDLR), en dessinant une ligne de maillot de bain, et Reebok, dans le
cadre de leur programme Crossfit de salles de fitness. Elle devrait
également s’engager avec deux marques du secteur bancaire et du
bien-être”, glisse Jean-François Salessy.
Une mère de famille iconique
Si tout va pour le mieux sur le plan financier, reste à savoir quelle
image Laure Manaudou entend renvoyer pour la suite de sa carrière. “Il
est hors de question pour nous de jouer une quelconque stratégie de
communication”, lance Jean-François Salessy. “Laure est une femme
absolue. C’est une sportive de haut niveau avec une stature iconique,
alors pas besoin d’inventer une autre histoire”, ajoute-t-il. Enceinte
de son deuxième enfant et enfin épanouie aux côtés de son nouveau
compagnon Frédérick Bousquet, Laure Manaudou aurait donc tout intérêt à
jouer la carte de la mère de famille comblée. D’autant qu’en raison de
son jeune âge, “pour elle, tout reste à construire”, note Gilles Dumas.
“À la différence de Zidane qui était déjà engagé avec ELA lorsqu’il a
pris sa retraite, Laure n’a pas encore de grande cause pour faire la
transition et s’assurer une présence médiatique”, explique-t-il. “Tout
est à construire mais elle part sur une bonne base”, ajoute-t-il. Pour
Gilles Dumas, ça ne fait pas un pli, “c’est autour des enfants que ça se
jouera.” Laure a tout intérêt à devenir l’égérie d’une marque comme
Danone ou Nestlé pour capitaliser sur son image de mère de famille
épanouie”, se risque-t-il à conseiller.
Attention à la peopolisation
Le plus grand écueil pour Laure Manaudou ne serait-il pas finalement
de défaire tout le travail entrepris depuis sa première retraite
sportive pour se restaurer une image positive ? “Il faut à tout prix
qu’elle évite de tomber dans la peopolisation”, assène Gilles Dumas.
“Elle ne doit pas s’enfermer dans des produits qui ne sont pas dignes
d’elle. Surtout la télé-réalité. Elle a trop souffert”, regrette-t-il.
Dans cette optique, l’irruption de son frère, Florent Manaudou, dans le
paysage médiatique du sport tricolore a pu la décharger d’un certain
poids. “Lorsqu’elle saute dans les bras de son frère à Londres, c’est une belle image”, se souvient Gilles Dumas.
Si elle est “parfois étonnée par l’ampleur de sa popularité, elle est
en train d’en prendre conscience”, assure Jean-François Salessy. “Mais
elle refuse de se réduire au politiquement correct car elle n’est pas
formatée”, ajoute-t-il. Quitte à s’exposer à des prises de position
maladroite, à l’instar de sa conclusion hâtivement postée sur Twitter lors de la tuerie de Toulouse.
“Je me suis toujours refusé de lui dicter ce qu’elle devait écrire
sur les réseaux sociaux ou de lui adjoindre un community manager”,
affirme pourtant Jean-François Selassy. “Toulouse l’a marqué, forcément,
mais avant ça, on la disait enfermé. Or, c’est tout le contraire. Laure
est naturelle, et le restera. Les Français aiment son côté insouciant.”
Une légèreté dont elle a encore fait étalage ce 14 février sur son compte Twitter.
Gageons que les Français ont apprécié.