Planète-Eléa Radio 100 % plaisir !

17/02/2013

“J’ai prescrit Diane 35 pendant 25 ans”

 

Diane 35

 

L’Agence du médicament (ANSM) a annoncé le 30 janvier la suspension d’ici trois mois de la commercialisation de Diane 35 et de ses génériques,
un traitement anti-acné abusivement utilisé comme contraceptif et qui a
fait quatre morts en 25 ans. Selon les chiffres de l’ANSM, 315.000 patientes prennent Diane 35.

À l’origine en France de plus de 120 accidents (thromboses, embolies
pulmonaires, AVC…) Diane 35, commercialisée dans 116 pays, n’est
autorisé dans l’Hexagone que pour le seul traitement de l’acné,
où son autorisation de mise sur le marché (AMM) date de 1987. Si les
révélations sur les pilules de 3e et 4e génération avaient déjà beaucoup
inquiété les femmes, l’interdiction pure et simple d’une pilule
couramment prescrite n’a pu que renforcer le trouble.

Deux femmes, une patiente et une gynécologue racontent. Ni l’une, ni l’autre ne comprenne la décision de l’ANSM.

Sabine, 25 ans, Avignon : “Je dois abandonner la seule pilule qui me convenait”

Je prends la pilule depuis un peu plus de 10 ans maintenant. Trouver
une pilule qui me corresponde a été compliqué. J’ai dû essayer une
dizaine de pilules. Il y avait toujours des effets indésirables. J’ai
des règles très douloureuses et abondantes. J’ai aussi de l’acné adulte.
En 2010, mon médecin traitant m’a prescrit la Diane 35. Mes problèmes
d’acné se sont très rapidement améliorés et sur ses conseils, j’ai
changé de contraceptif pour une pilule moins dosée. Malheureusement, mes
boutons sont revenus aussi vite qu’ils étaient partis. J’ai donc repris
Diane 35 et n’en ai plus changé depuis, c’était il y a 1 an et demi.

Quand j’ai vu les premiers articles qui pointaient du doigt la pilule
en décembre dernier, je ne me suis pas vraiment inquiétée. C’est en
parlant avec mes amies que mes premiers doutes sont apparus. Du côté de
mon père, il y a eu des cas de maladies du sang, des phlébites. Lorsque
j’ai questionné mon médecin traitant et ma gynécologue, ils se sont
voulus rassurants. Et malgré l’interdiction, mon médecin traitant se
veut toujours rassurant! Il est même en colère contre cette décision!
Quand j’ai appris que Diane 35 ne serait plus vendue, j’étais à la fois
énervée et stressée. Quelle alternative mes médecins allaient-ils me
proposer maintenant? Je ne comprends rien à cette interdiction. Une
chose est sûre, je ne veux pas tomber enceinte. Cette pilule que j’ai
mis tant de temps à trouver me convenait parfaitement.

J’ai finalement pris rendez-vous avec mon médecin traitant qui est
aussi sexologue pour trouver une énième solution. Il m’a prescrit, un
peu à contre-cœur, une pilule dont le dosage se rapproche de Diane 35,
Zikiale 30. Je viens tout juste de la prendre, on verra le résultat dans
quelques mois ou dans quelques semaines. En attendant, je ne décolère
pas.

Isabelle Bonpain, gynécologue dans le Nord, “J’ai prescrit Diane 35 pendant 25 ans.”

Je me suis installée en 1986. Diane 35 a été autorisée un an plus
tard. Le calcul est vite fait, je l’ai prescrite pendant 25 ans. Elle
était présentée comme un anti-acnéique mais il était bien précisé
qu’elle avait un pouvoir contraceptif réel. À partir du moment où la
patiente en face moi avait de vrais problèmes d’acné et pas de
contre-indication, j’ai prescrit Diane 35 assez facilement, y compris
lorsqu’il s’agissait d’une première intention (la première prescription
de pilule ndlr). Elle permettait de jouer sur les deux tableaux. Prise
correctement, elle réduisait sensiblement l’acné et aucune de mes
patientes n’est jamais tombée enceinte.

Lorsque la Haute Autorité de Santé l’a interdite, j’ai été très
étonnée. C’est vrai que je ne me suis pas vraiment documentée sur les
décès imputables à ce médicament. Je me suis surtout dit “Pourquoi
maintenant?” Les risques étaient connus. Quand la décision est tombée,
mes patientes ne m’ont fait aucun reproche, elles connaissaient les
risques de Diane ou des autres pilules. Nous sommes les prescripteurs.
En l’interdisant, on nous met en cause.

Progressivement, mes patientes sous Diane 35 viennent me voir pour
changer de pilule. Il y a deux cas, celles qui l’on prises longtemps et
qui ont de fortes chances pour ne ne plus avoir d’acné, je les redirige
vers une pilule classique de 2e génération si possible. Pour les
patientes qui souffrent d’acné adulte, il n’existe pas de pilule de 2e
génération cumulant un effet anti-acné et contraceptif, des pilules de
3e ou 4e peuvent les soulager. Mais elles ne sont pas aussi efficaces
que Diane 35.”

 

Par http://www.huffingtonpost.fr/

No Comments

No comments yet.

RSS feed for comments on this post.

Sorry, the comment form is closed at this time.

<

Powered by WordPress